LE MOT DE LA MARRAINE

 
Carole Martinez - Festival du Premier Roman et de Littératures Contemporaines 2021

« Laval ! J’ai eu la chance d’être lue, sélectionnée et invitée par le Festival du Premier Roman de Laval. J’y ai revu mon amie Murielle Magellan et Wilfried N’Sondé que j’adore, j’y ai rencontré Minh Tran Huy, Jaunay Clan et Jeanne Labrune. Je connaissais déjà Virginie Ollagnier et Virginie Langlois. Tous sélectionnés avec moi. Nous sommes comme une promotion, la cuvée 2007/2008, je ne sais pas si c’est une bonne année, mais l’ambiance est chaleureuse, d’autant qu’à Laval tous les invités sont des gagnants. J’ai adoré Xavier Houssin qui a été le premier à écrire sur mon livre et qui est un poète. Et Sorj, l’extraordinaire Sorj Chalandon, notre parrain, toujours la larme à l’œil à force de vibrer. Il m’a offert un pin’s irlandais. C’était magnifique surtout de rencontrer tous ces lecteurs, il y a un tel plaisir à être lue.

On écrit pour ça et pas seulement pour la folie merveilleuse du temps long de la création. Je sais désormais que j’écris dans le but d'embarquer les autres dans mon regard, de partager mes émotions, j’ai découvert comment le lecteur s’empare de nos mots, de notre univers, pour prendre le relais et en faire autre chose avec sa propre sensibilité, ses propres souvenirs, il transforme le texte et mêle son imaginaire à celui de l’auteur. On le voit quand on a la chance de rencontrer des lecteurs attentifs qui, comme ceux de Laval, vous donne une raison d’être. Merci, je me sens enfin à ma place. Moi qui pensais ne pas avoir de place. Pourvu que je sois à la hauteur, que je continue d’écrire et d’être lue !

Je reviens donc cette fois, dans le rôle de Sorj, j’espère être une marraine à la hauteur, à sa hauteur. Je revois certains de mes copains de « promo » très souvent, d’autres plus rarement, je suis leurs trajectoires, je les lis, je les croise avec plaisir, le temps de boire un coup. Ces liens tissés à Laval sont essentiels, on se sent parfois si seul dans le monde des livres quand on n’est pas du sérail. Quant à Sorj qui m’avait offert un pin’s irlandais rare, que je m'étais empressée de perdre, il est resté mon parrain. Mon livre Le Cœur cousu avait pris son temps, il avait été sauvé par les libraires et les prix de lecteurs, les lecteurs fous et passionnés des prix et des salons de premiers romans m’avaient retenue, avaient permis à mon cœur de battre plus longtemps et plus fort, ils m’avaient mise au monde. Pour hier et pour aujourd’hui, merci ! »

Carole Martinez

Marraine du Festival 2021